Chirurgie réfractive laser : LASIK, PKR ou KLEX / SMILE

La chirurgie réfractive au laser permet de corriger durablement la myopie, l’hypermétropie et l’astigmatisme, et de réduire ou supprimer la dépendance aux lunettes et lentilles. Trois techniques principales existent aujourd’hui : le LASIK, la PKR et le KLEX (extraction lenticulaire, dont le SMILE est la forme la plus connue). Aucune n’est « la meilleure » dans l’absolu : la bonne technique est celle qui correspond à votre cornée, votre défaut visuel et votre mode de vie. C’est précisément l’objet du bilan préopératoire.

Quels défauts visuels peut-on corriger ?

  • La myopie — vision floue de loin. Corrigeable au laser jusqu’à environ −8 à −10 dioptries selon l’épaisseur cornéenne. Au delà, un implant phake peut être utilisé. 
  • L’hypermétropie — vision floue de près, fatigue visuelle. Corrigeable jusqu’à environ +6 dioptries (voire plus), par LASIK.
  • L’astigmatisme — vision déformée à toutes distances, isolé ou associé à une myopie ou hypermétropie. Il est traité systématiquement.
  • La presbytie — vision floue de près après 45 ans. Des stratégies spécifiques existent (monovision laser, multifocalité ou chirurgie du cristallin clair selon l’âge).

Au-delà de certaines corrections, ou lorsque la cornée ne s’y prête pas, les implants intraoculaires (ICL, chirurgie du cristallin) constituent une alternative.

Les trois techniques laser

Le LASIK : la technique de référence

Le LASIK (Laser-Assisted In Situ Keratomileusis) est la technique la plus pratiquée au monde : il corrige la myopie, l’hypermétropie et l’astigmatisme en remodelant la cornée sous un fin capot découpé au laser femtoseconde.. Elle se déroule en deux temps, sous anesthésie locale par collyre. Un laser femtoseconde découpe un fin capot dans l’épaisseur superficielle de la cornée. Puis le capot est soulevé et un laser excimer remodèle la cornée pour corriger le défaut visuel. Le capot est ensuite repositionné, sans suture.

Points forts : récupération visuelle très rapide (dès le lendemain), quasi-indolore, correction possible de la myopie, de l’hypermétropie et de l’astigmatisme, et retouches aisées si nécessaire.
Limites : nécessite une cornée suffisamment épaisse et régulière ; le capot impose une prudence en cas de sports de contact.

PKR : la sécurité de la surface

La PKR (photokératectomie réfractive) est la première technique laser. Le laser excimer remodèle directement la surface de la cornée après retrait de l’épithélium (une fine couche superficielle). Une lentille pansement est posée en fin d’intervention.
Points forts : pas de capot, donc moins de fragilisation structurelle — idéale pour les cornées fines, les sports de combat ; excellent résultat réfractif à terme, identique au LASIK.
Limites : récupération plus progressive — inconfort ou douleurs pendant 1 à 2 jours, vision stabilisée en 1 à 2 semaines ; nécessite une protection solaire rigoureuse les premiers mois.

KLEX (SMILE) : l'extraction lenticulaire

Le KLEX (Keratorefractive Lenticule EXtraction), aussi appelé SMILE, SILK, CLEAR et SmartSight selon les plateformes, utilise seulement un laser femtoseconde qui découpe un lenticule (fine lamelle de tissu cornéen) dans l’épaisseur de la cornée, qui est extrait par une micro-incision de 2 à 4 mm — sans capot, et sans recourir à un laser excimer.
Points forts : incision minimale et pas de capot 
Limites : indiqué principalement pour la myopie et l’astigmatisme myopique ; retouches plus complexes qu’après LASIK.

LASIK PKR KLEX (SMILE)
Défauts corrigésMyopie, hypermétropie, astigmatismeMyopie, astigmatismeMyopie, astigmatisme myopique
Capot cornéenOuiNonNon
Récupération visuelle24–48 h1–2 semaines24–72 h
Douleur postopératoireMinimeModérée, 1–2 joursMinime
Sécheresse oculaireTransitoireTransitoireTransitoire
Cornées finesNonOuiNon
Sports de contactÀ adapterIdéaleAdaptée
RetoucheSimpleSimplePlus complexe

Qui peut être opéré ?

Conditions habituelles :

  • Être âgé d’au moins 22 ans, avec une réfraction stable ;
  • Une cornée saine, suffisamment épaisse et régulière ;
  • L’absence de pathologie oculaire évolutive (kératocône, glaucome non contrôlé, pathologie rétinienne instable) ;
  • L’absence de grossesse ou d’allaitement en cours.

Contre-indications principales : kératocône ou suspicion de kératocône, cornée trop fine pour la correction envisagée, sécheresse oculaire sévère non contrôlée, certaines maladies auto-immunes actives.
Si la chirurgie cornéenne n’est pas indiquée, des alternatives existent (implants ICL, chirurgie du cristallin) : le bilan permet d’en discuter.

Le bilan préopératoire : l'étape déterminante

Le choix de la technique — et l’éligibilité même à la chirurgie — repose sur un bilan complet :

  • Réfraction avec et sans cycloplégie, et vérification de la stabilité du défaut visuel (stable depuis au moins 1 à 2 ans).
  • Topographie et tomographie cornéennes — cartographie de la forme et de l’épaisseur de la cornée, indispensable pour dépister un kératocône débutant ou une cornée à risque.
  • Pachymétrie — mesure précise de l’épaisseur cornéenne.
  • OCT du segment antérieur, pupillométrie, étude du film lacrymal.
  • Examen du fond d’œil.

En tant que spécialiste des pathologies cornéennes, le Dr Guindolet porte une attention particulière au dépistage des cornées à risque : c’est la condition d’une chirurgie réfractive sûre et durable.

Important : le port de lentilles doit être interrompu avant le bilan (au minimum 48h pour les lentilles souples) afin de ne pas fausser les mesures.

Déroulement de l’intervention

  • Ambulatoire : vous rentrez chez vous le jour même.
  • Anesthésie locale par collyre — aucune piqûre, aucune anesthésie générale.
  • Durée : environ 10 à 15 minutes pour les deux yeux, le laser lui-même n’agissant que quelques dizaines de secondes par œil.
  • Les deux yeux sont généralement opérés le même jour.
  • Prévoir un accompagnant pour le retour.

Suites opératoires et suivi

  • LASIK / KLEX : vision fonctionnelle dès le lendemain, reprise du travail sur écran en 1 à 3 jours.
  • PKR : inconfort de 1 à 2 jours (traité par collyres et antalgiques), reprise du travail généralement après 7 jours, vision définitive en quelques semaines.
  • Traitement postopératoire : collyres antibiotiques, anti-inflammatoires et lubrifiants pendant plusieurs semaines.
  • Consignes communes : pas de frottement oculaire, pas de piscine pendant 4 semaines, pas de maquillage pendant 2 semaines, protection solaire (surtout après PKR). S’agissant d’une chirurgie de confort, aucun arrêt de travail ne sera délivré.
  • Suivi : contrôle à J1 (LASIK) ou J5 (PKR), et consultation à 1 mois.

Résultats et risques

Plus de 95 % des patients opérés atteignent une vision leur permettant de se passer de correction pour la vie courante, avec un taux de satisfaction parmi les plus élevés de toute la chirurgie. Le résultat est définitif sur le défaut traité — la presbytie, liée à l’âge, apparaîtra néanmoins normalement après 45 ans.

Comme toute chirurgie, elle comporte des risques, rares lorsque l’indication est bien posée : sous-correction ou sur-correction (accessible à une retouche), sécheresse oculaire prolongée, halos nocturnes transitoires, exceptionnellement infection ou ectasie cornéenne (d’où l’importance capitale du bilan de dépistage). L’ensemble de ces éléments vous est expliqué en consultation, avec remise de la fiche d’information de la Société Française d’Ophtalmologie.

Tarifs et prise en charge

La chirurgie réfractive est considérée comme une chirurgie de confort : elle n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie. De nombreuses mutuelles proposent en revanche un forfait « chirurgie réfractive » pouvant couvrir une partie significative du coût — renseignez-vous auprès de la vôtre avant l’intervention. Un devis détaillé vous est remis lors de la consultation.

Pourquoi choisir un spécialiste de la cornée pour sa chirurgie réfractive ?

La chirurgie réfractive au laser est avant tout une chirurgie de la cornée. Un chirurgien spécialisé dans les pathologies cornéennes dispose d’une expertise particulière pour dépister les cornées à risque (kératocône débutant, cornées fines ou irrégulières) — condition essentielle de la sécurité à long terme — et pour choisir, parmi le LASIK, la PKR, le KLEX ou leurs alternatives (ICL, chirurgie du cristallin), la technique réellement adaptée à chaque patient plutôt qu’une solution unique appliquée à tous.

FAQ. Questions fréquentes

LASIK, PKR ou SMILE : quelle est la meilleure technique ?

Aucune technique n’est supérieure aux autres dans l’absolu : les résultats visuels à long terme sont équivalents. Le choix dépend de votre cornée (épaisseur, régularité), de votre défaut visuel et de votre mode de vie. Le bilan préopératoire permet de déterminer la technique la plus sûre et la plus adaptée à votre cas.

Non. L’intervention se déroule sous anesthésie par collyre et est indolore. Après un LASIK ou un KLEX, l’inconfort se limite généralement à quelques heures de sensation de grain de sable. Après une PKR, une douleur modérée est habituelle pendant 1 à 2 jours, bien contrôlée par le traitement prescrit.

KLEX (extraction lenticulaire kératoréfractive) est le terme générique désignant les techniques d’extraction d’un lenticule cornéen au laser femtoseconde. Le SMILE est la première et la plus connue de ces techniques ; SILK, CLEAR et SmartSight en sont des équivalents sur d’autres plateformes laser.

Oui, c’est la pratique standard en chirurgie réfractive au laser, pour un confort de récupération optimal.

Au minimum 48 heures pour des lentilles souples, et 2 à 4 semaines pour des lentilles rigides ou semi-rigides, afin que la cornée retrouve sa forme naturelle et que les mesures soient fiables.

Généralement à partir de 22 ans, à condition que le défaut visuel soit stable depuis au moins un à deux ans.

Oui, la correction du défaut traité est définitive. La presbytie, phénomène naturel lié à l’âge, apparaîtra toutefois après 45 ans comme chez toute personne, et pourra faire l’objet d’une prise en charge spécifique le moment venu.

Non, elle n’est pas prise en charge par l’Assurance Maladie. De nombreuses mutuelles proposent cependant un forfait dédié.

Des alternatives existent : les implants phakes (ICL) pour les fortes corrections ou les cornées fines, et la chirurgie du cristallin clair après 50 ans. Le Dr Guindolet pratique l’ensemble de ces techniques et vous orientera vers la solution la plus adaptée.

A propos du Dr Damien Guindolet

Le Dr Damien Guindolet est ophtalmologiste spécialisé dans les pathologies de la cornée, de la surface oculaire et la chirurgie de la cataracte. Il a été formé en tant qu’interne à Fondation Ophtalmologique Adolphe de Rothschild, centre de référence national en ophtalmologie, avant d’y exercer comme chef de clinique-assistant (CCA), puis praticien hospitalier titulaire. Son activité est particulièrement orientée vers la prise en charge des yeux complexes : cornées irrégulières, kératocône, dystrophies cornéennes, greffes de cornée et chirurgie de la cataracte sur cornée pathologique. Le Dr Guindolet participe également à des activités de recherche et d’enseignement dans le domaine des maladies de la cornée et des nouvelles approches thérapeutiques en ophtalmologie.

Rédigé et révisé par le Dr Damien Guindolet, chirurgien ophtalmologiste spécialiste de la cornée — dernière mise à jour : juillet 2026.

 

Besoin d'informations ?

Rejoignez-moi

sur les réseaux sociaux

Retour en haut